Voici un résumé simplifié des différents calendriers que l'histoire a connus. J'ai dû interpréter certaines choses pour en faciliter la compréhension.

Depuis les débuts de l'Histoire, on a dû trouver une façon de calculer le temps. Bien évidemment, les jours furent les plus faciles à compter: il était évident de les voir défiler. On pouvait voir le début du jour au lever du Soleil et sa fin à son coucher. Lorsque le Soleil était au zénith, c'était le milieu de la journée. Mais pour de longs intervalles de temps, il devenait difficile de compter les jours. On préférait alors parler de saisons, de lunaisons, et même d'années (par exemple, je suis né il y a 31 étés -ceci correpond au moment où j'ai écrit ce texte...)

Pour une conversation de tous les jours, c'était suffisant, mais avec l'avènement du commerce, des sciences et la transcription de l'Histoire, on a senti le besoin d'avoir un moyen plus précis de calculer et de prévoir le temps. On a donc inventé les calendriers.

Les jours se sont imposés tout de suite comme étalon de mesure des calendriers. On les a donc conçus à partir de ceux-ci. Évidemment, comme on comptait déjà les " Lunes ", celle-ci devint aussi une référence pour les mois. L'intervalle de temps entre deux nouvelles Lunes (révolution synodique) est de 29 jours 6 heures à 29 jours 20 heures, pour une moyenne de  29 jours 12 heures 44 minutes. On connaissait aussi le temps d'une révolution du Soleil autour de la sphère céleste (l'année), soit 365 jours 5 heures 48 minutes 46 secondes ou 365,2422 jours. La Lune accomplit en moyenne 12,37 révolutions pendant cet intervalle.

 

Calendriers lunaires :

Les premiers calendriers connus furent tous lunaires, c'est-à-dire qu'on se basait sur les mouvements de la Lune pour les établir. Ainsi, les Babyloniens, les Égyptiens, les Grecs, les Chinois, les Romains et plusieurs autres peuples ont établi leurs premiers calendriers avec la Lune comme référence. À l'heure actuelle, le calendrier musulman et certains calendriers africains sont toujours établis suivant les mouvements de la Lune. Les mois de ces calendriers commençaient généralement à la Nouvelle Lune. Comme, à l'époque, on ne maîtrisait pas tout à fait les calculs de l'orbite lunaire, on faisait coïncider le premier jour du mois avec la première apparition de la Lune le soir. Et, vu que l'orbite lunaire ne durait pas un nombre de jours exacts, on devait faire alterner des mois de 29 et de 30 jours. Une année comportait alors 12 mois, mais comme 12 mois lunaires ne donnent que 354 jours environ, les saisons retardaient par rapport au calendrier. On eut donc l'idée d'y inclure un 13e mois au besoin.

En 432 Av. J.-C., l'astronome Méthon d'Athènes découvrit un multiple commun aux durées de l'année et des lunaisons: 19 années de 365,25 jours valent 6939.750 jours alors que 235 lunaisons donnent 6939.688 jours, soit une différence d'une heure 29 minutes pour l'intervalle. Pas si mal!

Comme 235 lunaisons donnent 19 années de 12 mois lunaires plus 7 mois, on n'avait plus qu'à répartir ces 7 mois durant ces 19 années. Cela ne laissait plus qu'une erreur d'un jour tous les 320 ans. Ce cycle de Méthon est encore utilisé aujourd'hui dans le calendrier Hébraïque.

On doit aux Chaldéens la semaine de 7 jours correspondant aux quartiers de la Lune. On leur doit aussi les noms des jours d'après les planètes: dimanche pour le Soleil (Sunday), lundi pour la Lune (Lunae dies -Monday), mardi pour Mars (Martis dies), mercredi pour Mercure (Mercurii dies), jeudi pour Jupiter (Jovis dies), vendredi pour Vénus (Veneris dies) et samedi pour Saturne (Saturni dies -Saturday).

Les Égyptiens, peuple d'agriculteurs, furent les premiers à abandonner la Lune comme base de leurs calendriers. Ils désiraient faire concorder le calendrier avec le temps des semailles et des moissons. Ils fixèrent la durée du mois à 30 jours sans plus s'occuper des phases de la Lune. Ils ajoutèrent 5 jours complémentaires à la fin du 12e mois pour compléter une année de 365 jours. On savait que l'année vraie était un peu plus longue et on avait calculé que le premier de l'an passerait par toutes les saisons pour revenir à son point de départ en 1460 années. On appelait cette période l'année Sothiaque.

Les Romains eurent d'abord un calendrier fait de 10 mois lunaires. Cela donnait une année de 295 jours. Ces mois étaient: martius, aprilis, maius, junius, quinctillis, sextillis, september, october, november et december. On ajouta ensuite à l'année les mois de janvier et de février afin d'avoir une année plus équilibrée. Cela donnait une année de 354 jours. Pour remédier à ce problème, on introduisait un mois supplémentaire de temps à autre.

À l'époque les calendriers étaient de juridiction régionale ou municipale. Un grand prêtre ou un notable de la ville devait surveiller la Lune et déclarer qu'un nouveau mois commençait. Il devait aussi décider quand on devait ajouter un 13e mois. Une ville ou une région n'avait pas nécessairement la même date qu'une autre. Cela donnait lieu à beaucoup de confusions dans la tenue d'actes notariés ainsi que lors de la rédaction de contrats. Sans compter que certains hommes d'affaires peu scrupuleux profitaient de cette confusion et quelquefois se permettaient d'influencer les décisions du Grand Prêtre à leur avantage.

 

Jules César :

C'est alors que Jules César ordonna la réforme du calendrier. Il demanda à l'astronome Sosigène d'Alexandrie de lui concevoir un calendrier qu'il pourrait imposer à tout le monde. On établit d'abord l'année à 365 jours en distribuant des jours supplémentaires à chaque mois. On eut alors des mois de 30 et de 31 jours, sauf pour février, le dernier mois de l'année, qui resta à 29 jours. Chez les Romains, on croyait que février était un mauvais mois et on ne voulait pas l'allonger. On établit ensuite qu'à tous les 4 ans, on ajouterait une journée au mois de février afin de donner une année moyenne de 365.25 jours. On donna le nom de bissextiles à ces années.

À l'époque on séparait les mois en 3 sections : les calendes (5), les nones (13) et les ides (21). Les jours se comptaient à partir de ces divisions, out comme pour l'heure sur une horloge: midi moins 5, par exemple. Le 28 février était alors le 6e jour avant les calendes et lors d'une année bissextile, on répétait deux fois ce jour, d'où l'expression bissextile.

Les changements prirent effet le 1er janvier de cette année et marquèrent le début de la nouvelle année julienne. César fut tellement fier de son calendrier qu'il donna son nom au mois quinctillis qui devint alors julius (juillet). Après l'assassinat de César par son fils Auguste, ce dernier, devenu empereur et espérant avoir le même prestige que son illustre père, ordonna qu'on change le nom du mois sextillis pour le nom d'Augustus. Il ordonna aussi qu'on enlève un jour à février et qu'on le donne à Augustus pour qu'il ait le même nombre de jour que Julius. Ce calendrier que l'on connaît bien fut imposé partout dans le monde.

 

La réforme du pape Grégoire :

En 1582, le pontife Grégoire ordonna qu'on réajuste le calendrier avec le Soleil. En effet, l'année vraie durant 365,2422 jours, il y avait une différence de 11 minutes avec l'année julienne. À l'époque de Grégoire, le calendrier avait pris un retard de 10 jours sur le Soleil. On croit que Grégoire s'inquiétait de voir Pâques (la mort du Christ) s'approcher de plus en plus de Noël (la naissance du Christ). Il décréta donc que le 4 octobre 1582 sera suivi du 15 octobre 1582. Pour éviter qu'une pareille situation se répète, il commanda aux astronomes Lilio, Clavius et Chacon d'établir la durée exacte de l'année et de trouver une méthode pour ajuster le calendrier à cette dernière. L'erreur entre le calendrier Julien et le Soleil était d'environ 3 jours sur 400 ans. On décréta donc que les années séculaires (siècles) ne soient bissextiles que si elles se divisaient par 400.  Il reste toujours une erreur à ce calendrier d'environ 1 jour sur 3 000 ans. C'est toutefois suffisant pour l'instant. La majorité du monde se conforma peu à peu à ce calendrier qu'on utilise toujours aujourd'hui.

 

La révolution française :

Suite à la révolution, les révolutionnaires français inventèrent un nouveau calendrier: le Calendrier républicain. Il comportait 12 mois de 30 jours, les jours à l'intérieur d'un mois étaient séparés en 3 décades: primidi, duodi, tridi, quatridi, quinquidi, sextidi, septidi, octidi, nonidi, décadi). Les mois étaient séparés en trimestres évoquant les saisons. Voici leurs noms: début d'année l'automne: vendéminaire, brumaire, frimaire; l'hiver: nivôse, pluviôse, ventôse; le printemps: germinal, floréal, prairial.; l'été: messidor, thermidor, fructidor. On ajoutait aussi 5 jours complémentaires après le 12e mois (6 durant les années bissextiles). Ces jours devaient servir pour fêter la République. Ce calendrier avait l'avantage de faire concorder le début et la fin des mois avec les fins de semaine. On pouvait alors mieux établir les dates de différents événements (finance, école, contrats, etc.). Le 22 septembre 1792, jour de la proclamation de la République, à l'équinoxe d'automne, devint alors le 1er vendéminaire de l'an 1.

Les gens, à l'époque, eurent beaucoup de difficulté à s'adapter à ce calendrier et Napoléon l'abolit 13 ans plus tard.

 

 

Par Robert Véronneau

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