Je suis sûre que vous vous êtes déjà posé la question suivante: «Y a-t-il de la vie ailleurs dans l'Univers?». Moi, je crois que oui. Je me dis qu'il y a tellement d'étoiles, tellement de galaxies et que l'Univers est tellement immense, que toutes les possibilités sont là. Maintenant, quelles sont les chances d'en trouver et peut-être même d'établir une communication ?

Pour spéculer sur la vie dans l'Univers, il est utile de connaître la nature et l'évolution de la vie sur la Terre. La vie est liée essentiellement à la reproduction. Sans elle, rien n'existerait sur Terre ; il n'y aurait que de la pierre et de la poussière. Au tout début, lors de l'explosion du Big Bang, les molécules n'existaient pas. L'hydrogène et l'hélium régnaient en rois. Après que la température eût baissé suffisamment, l'évolution chimique put commencer. On pense qu'elle a pu se former naturellement au hasard des collisions entre les atomes de base. Une fois que cette évolution fut organisée, elle a pu former des acides aminés qui se seraient transformés en des molécules autoreproductrices. Le passage à la vie était franchi. La sélection naturelle a pu se mettre en place et la dernière étape dura 4 milliards d'années entre la première bactérie et nous, l'Homme évolué.

Maintenant, y a-t-il de la vie ailleurs dans l'Univers? Peut-être! Tout d'abord, il faut savoir que la vie sur Terre est due à plusieurs facteurs. Dès le départ, la source principale de la vie est une étoile qui offrira assez de lumière et de chaleur pour que l'eau puisse y demeurer à l'état liquide, car l'eau est l'élément qui favorise l'émergence de la vie. Ensuite, l'étoile ne doit pas être trop grosse ni trop petite. On peut ainsi éliminer un grand nombre d'étoiles comme celles de types O, B, A et F, car elles sont trop grosses et que leur durée de vie est trop courte. Ces étoiles vivent environ 3 milliards d'années, ce qui n'est pas assez pour permettre à la vie de naître et de progresser. Elles ne constituent que 10 % de toutes les étoiles. On peut également éliminer les étoiles de types M et K, car elles ne sont pas assez lumineuses et elles ne dégagent pas assez de chaleur. Ces dernières constituent environ 80 % de toutes les étoiles. On arrive donc à la conclusion qu'à peine 10 % des étoiles sont susceptibles d'accueillir une planète assez longtemps pour permettre à la vie de proliférer. Ces étoiles sont du type G, comme notre Soleil.

La Voie lactée contient environ 100 milliards d'étoiles et existe depuis 9 milliards d'années. On peut alors estimer qu'il s'y forme, en moyenne, 10 nouvelles étoiles par année. Donc, s'il naît 10 étoiles par année dans la Voie lactée et que 10 % sont du type G, une étoile par année a le potentiel de générer la vie. Il faut toutefois éliminer celles qui naissent dans les systèmes multiples, car la planète serait soumise à de très grands écarts de température. Il faut donc une étoile du type G sur deux et il ne reste plus qu'une étoile tous les deux ans. Ensuite, chose très importante, l'étoile doit avoir une planète située à bonne distance pour que l'eau puisse exister à l'état liquide et servir de base pour les réactions chimiques complexes menant à la vie. La zone propice se nomme écosphère. Notre planète a eu la chance de se trouver dans cette zone tandis que nos deux planètes voisines, Vénus et Mars, sont situées soit trop proche, soit trop loin du Soleil pour faire partie de l'écosphère. De ces facteurs, il ressort qu'à peine 1 % des planètes adéquates sont propices à la vie. C'est donc une étoile tous les 200 ans, quelque part dans la Voie lactée.

On peut supposer que, pendant les premiers milliards d'années qui ont suivi sa formation, la Galaxie n'était pas suffisamment pourvue en éléments lourds pour permettre la formation d'un nombre important de planètes. Cela laisse néanmoins environ 7 Ga pendant lesquelles de nouvelles planètes ont pu se former dans la galaxie. Comme il naît une planète propice tous les 200 ans, on obtient une estimation fantastique: il y aurait 35 millions de planètes propices à la vie dans la Voie lactée! Puisqu'il y a 100 milliards d'étoiles dans la Voie lactée, cela voudrait dire qu'une étoile sur 3 000 possède une planète propice à la vie, et que la plus proche de nous pourrait être située à environ 60 années-lumière. On peut être porté à croire qu'avec toutes ces conditions, on n'a pas beaucoup de chance de trouver une planète semblable à la nôtre. Mais avec 3 000 étoiles possédant un satellite dans la Voie lactée et en comptant des milliards de galaxies, ça commence à faire beaucoup...

On peut se demander pourquoi on ne voit pas d'extra-terrestres plus souvent. Certaines observations sont malheureusement, de l'aveu de leurs auteurs, des histoires montées de toutes pièces. Mais ce ne sont pas toutes des fabulations. Certaines semblent vraies, mais elles sont souvent confuses et ne permettent pas d'obtenir des conclusions solides. Cela ne veut pas dire que les extra-terrestres n'existent pas. Et qui plus est, on suppose que les technologies extraterrestres seraient tellement différentes des nôtres que nous ne pourrions pas en percevoir les manifestations. On peut aussi penser que notre secteur de la Voie lactée est une réserve faunique protégée. Et oui, ça semble un peu fou, mais si on regarde sur Terre, l'humanité est remplie d'épisodes au cours desquels une civilisation moins avancée a été perturbée, et souvent anéantie, par le brusque contact avec une civilisation plus avancée. Imaginons que des extra-terrestres incroyablement avancés nous offraient tous les secrets de la science universelle. Dans l'euphorie initiale, on en profiterait, mais, bien vite, toutes nos réalisations et nos aspirations seraient réduites à l'insignifiance totale. Dans un cadre plus spirituel, les civilisations plus avancées seraient nécessairement discrètes parce qu'elles auraient compris que le «vrai bonheur» est intérieur. Elles limiteraient leur expansion à quelques systèmes planétaires et laisseraient le reste de la galaxie évoluer librement.

Bon, je sais que tout ça peut paraître séduisant, mais la technologie ne crée pas nécessairement un monde meilleur.

En conclusion, avec tous les films de science-fiction qu'on nous présente au cinéma et à la télévision, on a de quoi meubler notre imagination.


Référence :
Séguin M. et Villeneuve B. Astronomie et astrophysique, éditions du Renouveau pédagogique Inc.

Par Isabelle Picard

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