Selon une légende grecque, Zeus avait envoyé son Aigle royal chercher de l'aide sur Terre pour assurer le service des repas sur l'Olympe. L'Aigle avait enlevé dans un pré un jeune garçon appelé Ganymède. Il était le fils de Tros et Callirhoé et il était réputé pour sa beauté.

Représentation du Verseau dans l'Atlas cœlestis de John Flamsteed (1776) 



Ayant acquis l’immortalité, Ganymède seconde parfois Hébé dans sa tâche, en versant de l’ambroisie à l’assemblée des dieux. On dit aussi qu’il fut offert à Zeus en échange de deux coursiers rapides. L'adolescent est souvent représenté, tout étonné, chevauchant l'Aigle géant, mais il prend parfois les traits du Verseau lui-même, devenu ainsi l'échanson des dieux. Le Verseau, à une certaine époque fier pourvoyeur des eaux du ciel, avait donc rétrogradé au rang de serviteur royal, dans un retournement de situation typique de la mythologie grecque.

Les choses auraient pu être pires…et d'ailleurs, en Orient, elles l'étaient! Le Verseau correspond en effet au premier signe de l'horoscope chinois, celui du Rat, un rongeur mal aimé associé lui aussi à l'eau, mais pour des raisons moins glorieuses… Et la chance du Verseau avait déjà tourné à l'époque classique.

Le Verseau, pourvoyeur céleste aux cruches toujours pleines d'eau potable, n'était pourtant pas toujours apprécié sur Terre.

À l'époque babylonienne, le Soleil passait dans le Verseau au moment du solstice d'hiver, le 11e mois de l'année, notre mois de janvier. C'était alors la mousson, la saison la plus humide de l'année. C'est donc cette coïncidence qui conférait toute son importance à cette formation stellaire dépourvue d'étoiles brillantes.. En fait, le Verseau régnait sur l'ensemble de la «mer céleste», dans laquelle se retrouvaient plusieurs constellations automnales liées par le thème de l'eau.

Mais le liquide régénérateur dispensé par le Verseau venait-il tout droit du ciel, ou plutôt de l'enfer? Le mois pendant lequel le Soleil passait dans le Verseau était considéré en effet comme celui du «fléau de la pluie» par les Chaldéens, qui attribuaient au débordement continuel des cruches du porteur d'eau céleste la gigantesque inondation décrite dans la légende de Gilgamesh.

Les fermiers égyptiens, en revanche s'imaginaient que le Verseau déversait chaque printemps ses seaux d'eau dans le Nil. Comme le grand fleuve sortait de son lit peu après, le Verseau était pour eux symbole d'abondance et de bonne fortune. Les astronomes arabes avaient baptisé ses 2 étoiles les plus brillantes Sadalmelik, «la chanceuse du roi», et Sadalsuud, «la plus chanceuse des chanceuses».

Par Gisèle Gilbert, Janvier 1999

Révision : 2016

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