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L’Univers fascinant des étoiles filantes

Gisèle Gilbert - 23 juillet 1998 Révisé avril 2022

Il n’est pas rare la nuit, lorsqu’on observe le ciel d’y voir à l’occasion passer une étoile filante. Cependant à certaines périodes de l’année, il est possible d’observer quelques dizaines et même quelques centaines d’étoiles filantes à l’heure ! C’est ce qu’on appelle une « pluie d’étoiles filantes »

Ces pluies d’étoiles filantes se produisent lorsque l’orbite de la Terre traverse l’orbite d’une comète périodique. Une comète c’est une grosse boule de neige sale. Lorsque celle-ci approche du Soleil, son noyau se réchauffe et libère les gaz et poussières qui forment progressivement une queue qui s’étire sur des millions de kilomètres. Elle laisse ainsi derrière elle une traînée de débris tout au long de son orbite. Lorsque la Terre traverse un de ces champs de particules cométaires, nous pouvons assister à une pluie de météores.

En fait, une étoile filante ou un météore, c’est un minuscule grain de poussière, le plus souvent pas plus gros qu’un grain de sable, parfois de la taille d’un petit pois, qui croise le trajet de la Terre pendant son périple annuel autour du Soleil. Lorsqu’un de ces grains de poussière pénètre à très grande vitesse dans l’atmosphère terrestre (30km/seconde environ), la friction avec l’air l’échauffe. La particule s’électrise alors, devient incandescente et s’éteint, laissant derrière elle une traînée de gaz ionisés, le bref éclair de lumière que l’on peut observer. Les étoiles filantes apparaissent, en général, à environ 100 km d’altitude et s’éteignent à 70 ou 80 km. 

Les étoiles filantes isolées qui s’allument fortuitement dans diverses zones du ciel sont appelées des « météores sporadiques ». Il suffit, pour en voir, de se mettre aux aguets n’importe quelle nuit, à n’importe quelle heure, et de regarder de préférence entre 40 ° et 70 ° de hauteur, zone où les étoiles filantes sont plus nombreuses qu’au zénith. On peut en observer 5 à 10/heure environ.

Il arrive que les poussières météoriques voyagent en groupe, en « essaim » sur des orbites identiques. Quand la Terre, en certaines périodes bien définies de l’année, traverse l’un ou l’autre de ces essaims, on assiste à une pluie météorique ou à une pluie d’étoiles filantes. Elles semblent toutes jaillir alors d’un même point précis du ciel ; le « radiant ». Par nuit sombre, lors d’une pluie de météores, on peut en observer 50/heure.

La pluie d’étoiles filantes porte le nom de la constellation dans laquelle se situe son radiant. Ainsi, on parlera des Perséides (août) parce que le radiant se trouve dans la constellation de Persée, ou bien des Orionides (octobre), radiant dans la constellation d’Orion, etc.

L’orbite de la Terre recoupe chaque année la trajectoire d’une douzaine de comètes. C’est pourquoi chaque année nous assistons à une douzaine de pluies de météores majeures. Dans le cas des Perséides qui se produisent autour du 12 août, la comète-mère ayant donné lieu à leur naissance est la comète Swift-Tuttle, qui nous a rendu visite dernièrement en 1992 (elle a une périodicité d’environ 130 ans). La comète de Halley quant à elle, est responsable des Orionides, pour n’en citer que quelques-unes.

Il peut arriver, mais plus rarement, que l’on observe un bolide. Le « bolide », décrit parfois comme une boule de feu, est beaucoup plus lumineux qu’un météore. Il arrive même qu’il soit visible en plein jour. Les principales pluies d’étoiles filantes s’accompagnent à l’occasion du passage d’un bolide.

Maintenant que vous savez tout ce qu’il est bon de savoir, ou à peu près, sur les étoiles filantes, il ne vous reste plus qu’à vous laisser aller au simple plaisir de les observer…

Article tiré entièrement de la publication suivante:

Ivan Steenhout, Jean-Pierre Urbain et André GranchampsL’univers fascinant des étoiles filantes, Numéro spécial d’Astronomie-Québec, juillet 1996, Éditions Astronomiques inc.

Pluies de météores (étoiles filantes)

 Il y a des pluies d'étoiles filantes tout au long de l'année, été comme hiver. Voici les sept plus remarquables, à ne pas manquer. 

Vous en aurez plein les yeux, pourvu que le ciel soit clair et dénué de pollution lumineuse. 

Pour savoir quand observer et de quelle pluie provient le météore que vous venez de voir filer cliquez sur ce lien.

Les plus belles pluies d'étoiles filantes de l'année.

Comment observer les étoiles filantes

Gisèle Gilbert - Mai 2022

Le mois d’août apporte avec lui non seulement la joie des vacances, mais aussi un des spectacles célestes le plus attendus de l’année, la pluie d’étoiles filantes des Perséides. La période d’activité se situe entre le 17 juillet et le 24 août. Le maximum d’intensité se produit dans la nuit du 12 au 13 août.

Les Perséides sont l’essaim météorique le plus intéressant et le plus dynamique des dernières années. En 1991 et 1992, on a eu des sursauts d’activité pouvant aller à plus de 400 étoiles filantes à l’heure. Ce taux élevé a été provoqué par le passage de la comète 109P/Swift-Tuttle au périhélie en 1992. Cette comète est à l’origine de cet essaim, cependant sa période orbitale étant de 133 ans et actuellement elle s’éloigne de la Terre donc il ne devrait pas avoir de soubresaut d’activité avant de nombreuses années.

Pour observer les étoiles filantes, vous aurez besoin d’un ciel aussi pur et sombre que possible, d’un point de vue bien dégagé… et d’une paire d’yeux grands ouverts ! Oubliez jumelles et télescopes, car leur champ de vision est trop restreint. Ils risquent de vous faire manquer les météores ailleurs dans le ciel.

Si vous planifiez observer ce phénomène efficacement, confortablement et de manière sécuritaire, préparez-vous adéquatement ! Voici quelques conseils et outils que vous trouverez fort utiles lors de votre observation.

1. Consulter la météo

Oui, ceci peut sembler bête, mais il vous faut consulter la météo. Autant que possible, trouvez un endroit où le ciel est libre de nuages, car la présence de nuages mettra un terme à l’observation. 

Si vous passez plusieurs heures à observer, cela vaudra la peine de préparer une position d’observation qui ne vous causera pas de regrets le lendemain. Vous pouvez aussi planifier des emplacements de remplacement pour vous assurer de ne pas manquer le spectacle !

Aussi, la présence de la Pleine Lune réduira significativement le nombre d’étoiles filantes visibles. Dans ces deux cas, nous ne pouvons que nous adapter aux circonstances du ciel.

2. Trouver un emplacement sombre

Choisissez un site d’observation optimal et sécuritaire. Si vous résidez dans la ville, la pollution lumineuse peut gâcher ce spectacle. Éloignez-vous des centres urbains, des lampadaires, des enseignes, des lumières de domiciles et autres sources d’interférence qui masqueront le ciel. Évitez de regarder ces sources de lumière qui pourraient vous éblouir. Assurez-vous que votre emplacement d’observation est dégagé. Éloignez-vous des édifices, des arbres et de tout autre élément du paysage qui bloqueraient votre vue du ciel.

Et si vous avez la possibilité de fuir la pollution lumineuse des villes, n’allez pas vous installer près d’un lampadaire ou autre « sentinelle » qu’on trouve partout à la campagne !

Vous pouvez aussi consulter Dark Sky Finder.com, une carte qui vous informe sur l’intensité de la pollution lumineuse. Personnellement, tous les secteurs jaunes, verts et bleus sont recommandés.

3. Repérer les constellations

Une nuit passée à guetter les étoiles filantes est également une excellente occasion de se familiariser avec les constellations de la saison. Avant de partir à l’aventure, imprimez une carte du ciel. Persée se trouve « en bas » de la constellation de Cassiopée qui ressemble à un gros « W » dans le ciel. Si vous regardez vers ce coin du ciel, vous êtes dans la bonne direction.

Pour éclairer votre carte du ciel ou votre cherche-étoiles sans nuire à votre adaptation à l’obscurité, on recommande d’utiliser une lampe frontale munie d’une diode rouge, ou une lampe de poche de faible intensité recouverte de cellophane rouge. Souvenez-vous que la vue a besoin de 20 minutes pour s’adapter pleinement à l’obscurité afin que vous soyez capable de percevoir les étoiles filantes les plus faibles. Ne vous servez donc pas de lampe de poche avec une lumière blanche pendant que vous observez, car vos yeux doivent se réaccoutumer pendant 20 minutes à chaque fois. 

Si vous êtes perdus, vous pouvez télécharger l’application Night Sky Lite. Elle vous aidera à identifier les constellations. Vous n’avez qu’à pointer votre cellulaire vers le ciel et retrouver Persée sur votre écran pour finalement définir la forme de la constellation dans le ciel. La version gratuite de l’application est suffisante.

4.  Rester confortable

Il est essentiel de se garantir un minimum de confort. Il faut que l’on se sente à l’aise et bien assis afin de ne pas risquer de souffrir de maux de cou ou de dos qui, à terme, pourraient vous gâcher le plaisir en même temps que de réduire votre faculté de concentration. La chaise longue est idéale, car il suffit de l’ajuster de façon à ce que le regard, après que l’on soit assis, porte à 45-50 degrés au-dessus de l’horizon et laisser votre regard dériver sur le ciel, à mi-hauteur. Pendant une pluie d’étoiles filantes, celles-ci vous paraîtront plus nombreuses et leur traînée plus longue si vous regardez à la gauche ou à la droite du radiant, le point du ciel d’où semblent émaner les météores de cette pluie.

5.  S’habiller chaudement

Les nuits québécoises sont souvent très humides. Par conséquent, il convient de se vêtir chaudement (même en plein été), surtout se protéger les pieds, car c’est par les pieds que l’on commence à se refroidir. Se glisser dans un sac de couchage est une bonne idée. Vous pouvez aussi choisir de rajouter petit à petit des « pelures », chandail par-dessus chandail ou couverture par-dessus couverture. Il est plus facile de maintenir la chaleur du corps que de le réchauffer après qu’il ait pris froid.

Éviter le contact direct avec le sol (un tapis de sol pourra faire une excellente barrière contre l’humidité) et de se protéger de la rosée (avec une bâche ou une toile de plastique). L’humidité peut rapidement transformer ce qui s’annonçait comme une agréable soirée à la belle étoile en une misérable expérience…

En saison froide, il faut s’habiller en fonction d’une température inférieure de 20 ° à celle prévue. En effet, l’observation des étoiles filantes n’entraîne pas une grande dépense d’énergie, et ne permet guère de vous réchauffer !

Pendant les longues sessions d’observation, il est bon de prévoir des boissons chaudes (thé ou chocolat chaud), de l’eau, et même, pour combler les petits « creux » qui parfois s’avèrent impérieux, d’apporter de légères collations (sandwichs, grignotines, fruits, etc.)

Une lotion « chasse-insecte » est également recommandée, particulièrement pendant nos nuits d’été.

6. Observer seul ou en groupe?

L’observation en solitaire ou à deux ne présente pas de longs préparatifs. Elle permet à l’observateur, peut-être mieux qu’en groupe, de se sentir pleinement à l’unisson avec le ciel et la nature. Mais il ne faut pas espérer alors être en mesure de repérer la totalité des météores qui traversent le ciel, puisque le champ de vision d’un individu isolé ne couvre qu’un cinquième environ de la voûte céleste.

7. Compter les météores (ou les étoiles filantes)

Vous pourrez vous amuser à compter les météores (ou les étoiles filantes) que vous apercevez, si possible en distinguant ceux appartenant à la pluie que vous observez des autres étoiles filantes que vous êtes susceptibles de voir. Il ne faut en aucun cas additionner le nombre d’étoiles filantes qu’on observe avec celui de votre voisin ou voisine !

On peut déterminer l’origine d’une étoile filante en remontant sa traînée lumineuse et en observant d’où elle semble émaner. Par exemple, si la trace remonte à la constellation de Persée, le météore fait vraisemblablement partie de la pluie des Perséides.

Contrairement à ce que l’on serait porté à penser, ce n’est pas en direction directe du radiant qu’il est préférable de regarder, mais plutôt vers la portion du ciel située à environ 60 à 90 degrés du radiant. À une exception près : la période comprise entre le 20 juillet et la mi-août, pendant laquelle 2 essaims majeurs sont actifs, les Perséides et les Delta Aquarides, ainsi que quelques pluies de moindre importance, comme les Alpha Capricornides et les Kappa Cygnides. Pour se donner plus de chances d’identifier l’essaim auquel appartiennent les météores, il vaut mieux, pendant cette période, observer face au sud ou au sud-est.

Observez aussi la plus grande partie du ciel possible d’un seul regard. Ne vous restreignez pas à une trop petite partie du ciel. Ne fixez pas là où une étoile filante vient d’être vue, la suivante ne sera probablement pas au même endroit. 

Maintenant que vous êtes adéquatement équipé, il ne vous reste plus qu’à vous armer de patience, l’indispensable vertu de tout observateur du ciel.

Les Perséides en 2022

Les Perséides se dérouleront malheureusement dans des conditions défavorables en 2022. Le maximum d’activité de cette pluie de météores est attendu vers 21 heures (heure de l’Est) le 12 août. Or, la Lune sera pleine le 11 août et deviendra ainsi le facteur limitant pour l’observation des étoiles filantes. Les nuits les plus proches du maximum, celle du 12 au 13 août et aussi celle du 11 au 12, où les Perséides sont en principe les plus abondantes, seront affectées par l’imposante lumière parasite produite par notre satellite.

En effet, une Lune trop brillante engendre une sorte de pollution lumineuse « naturelle » à laquelle il est impossible d’échapper, même à la campagne. Ce voile de lumière masque les météores les plus faibles ; seuls quelques occasionnels météores très brillants parviennent à le percer. Dans ces conditions, le nombre de météores qu’il est possible d’observer diminue énormément. De plus, pendant les jours entourant la Pleine Lune, la Lune est présente dans le ciel du crépuscule jusqu’à l’aube, ne nous laissant pratiquement aucune fenêtre de répit.

Au cours de deux nuits les plus proches du maximum, on doit s’attendre à compter tout au plus trois ou quatre météores à l’heure, et seulement à condition de bénéficier d’un ciel bien transparent et d’un point de vue entièrement dégagé sur 360 degrés. Conseil pour les irréductibles qui tiennent mordicus à tenter de voir quelques météores : garder la Lune derrière soi, cachée par des arbres, un bâtiment ou un relief, et concentrer son attention sur la partie nord du ciel.

Bonnes observations et n’oubliez pas de faire plein de vœux !

Références :

Ivan Steenhout, Jean-Pierre Urbain et André GranchampsL’univers fascinant des étoiles filantes, Numéro spécial d’Astronomie-Québec, juillet 1996, Éditions Astronomiques inc.

https://www.sepaq.com/blogue/observation-etoiles-perseides.dot

https://www.espace-sciences.org/juniors/questions/qu-est-ce-qu-une-etoile-filante

https://www.espace-sciences.org/archives/etoiles-filantes-0

https://www.sapm.qc.ca/pluieetoiles

Crédit photo : Daniel Brousseau

C'est le temps des Perséides. Faites un voeux...

Daniel Brousseau

Il n’est pas rare la nuit, lorsqu’on observe le ciel, d’y voir, à l’occasion, passer une étoile filante. Cependant à certaines périodes de l’année, il est possible d’observer quelques dizaines et même quelques centaines d’étoiles filantes à l’heure ! C’est ce qu’on appelle une « pluie d’étoiles filantes ».

Ces pluies d’étoiles filantes se produisent lorsque l’orbite de la Terre traverse l’orbite d’une comète périodique. Une comète c’est une grosse boule de neige sale. Lorsque celle-ci approche du Soleil, son noyau se réchauffe et libère les gaz et poussières qui forment progressivement une queue qui s’étire sur des millions de kilomètres. Elle laisse ainsi derrière elle une traînée de débris tout au long de son orbite. Lorsque la Terre traverse un de ces champs de particules cométaires, nous pouvons assister à une pluie de météores. Comme notre planète repasse au même endroit sur son orbite autour du Soleil chaque année, les pluies d’étoiles filantes reviennent annuellement.

En fait, une étoile filante ou météore, c’est un minuscule grain de poussière, le plus souvent pas plus gros qu’un grain de sable, parfois de la taille d’un petit pois, qui croise le trajet de la Terre pendant son périple annuel autour du Soleil. Comme la Terre voyage dans le système solaire à la vitesse fulgurante de 108 000 km/h, ces grains de poussière sont happés par notre planète comme les flocons de neige par une voiture. À de telles vitesses, la pression du choc entre le grain de poussière et l’atmosphère est si élevée que l’air lui-même est chauffé au point d’émettre de la lumière.

Lorsqu’un de ces grains de poussière pénètre dans l’atmosphère terrestre (30km/seconde environ), la friction avec l’air l’échauffe. La particule s’électrise alors, devient incandescente et s’éteint, laissant derrière elle une traînée de gaz ionisés, le bref éclair de lumière que l’on peut observer. C’est cette illumination de l’air que nous nommons « étoile filante ». Les étoiles filantes apparaissent, en général, à environ 100 km d’altitude et s’éteignent à 70 ou 80 km. 

Les étoiles filantes isolées qui s’allument fortuitement dans diverses zones du ciel sont appelées des « météores sporadiques ». Il suffit, pour en voir, de se mettre aux aguets n’importe quelle nuit, à n’importe quelle heure, et de regarder de préférence entre 40 ° et 70 ° de hauteur, zone où les étoiles filantes sont plus nombreuses qu’au zénith. On peut en observer 5 à 10/heure environ.

Il arrive que les poussières météoriques voyagent en groupe, en « essaim » sur des orbites identiques. Quand la Terre, en certaines périodes bien définies de l’année, traverse l’un ou l’autre de ces essaims, on assiste à une pluie météorique ou à une pluie d’étoiles filantes. Elles semblent toutes jaillir alors d’un même point précis du ciel ; le « radiant ». Par nuit sombre, lors d’une pluie de météores, on peut en observer 50/heure.

La pluie d’étoiles filantes porte le nom de la constellation dans laquelle se situe son radiant. Par exemple, on parlera des Perséides (août) parce que le radiant se trouve dans la constellation de Persée, ou bien des Orionides (octobre), radiant dans la constellation d’Orion, etc

Des Perséides peuvent être aperçues du 20 juillet au 25 août environ. Cependant, au début et à la fin de cette période, elles sont rares et doivent être distinguées par leur trajectoire des autres étoiles filantes qui ne sont pas de la même famille. Les Perséides sont significativement nombreuses du 10 au 15 août, avec un pic d’activité maximum dans la nuit du 12 au 13 août. La pluie d’étoiles filantes des Perséides est assurément la plus célèbre de l’année. Notamment parce qu’elle se déroule durant les belles soirées d’été, au cours des vacances, et qu’elle est l’une des plus actives.

Si vous ne pouvez pas observer la nuit du maximum, sachez que les nuits avant et après ce pic ne sont pas moins intéressantes ! L’heure d’observation optimale se situe après minuit et juste avant les premières lueurs de l’aube. Les débuts de soirée ont aussi leurs avantages. C’est à ce moment que l’on peut apercevoir les étoiles filantes « rasantes », ces météores qui frôlent l’atmosphère comme des cailloux qu’on fait rebondir sur l’eau, et qui ont la particularité de créer de très longues traînées.

L’orbite de la Terre recoupe chaque année la trajectoire d’une douzaine de comètes. C’est pourquoi chaque année nous assistons à une douzaine de pluies de météores majeures. Dans le cas des Perséides qui se produisent autour du 12 août, la comète mère ayant donné lieu à leur naissance est la comète 109P/Swift-Tuttle, qui nous a rendu visite en 1992 (périodicité de 133 ans). Actuellement, elle s’éloigne de la Terre donc il ne devrait pas avoir de soubresaut d’activité avant de nombreuses années. La comète de Halley quant à elle, est responsable des Orionides, pour n’en citer que quelques-unes.


toilefilantevilleDBrousseau Crédit photo: Daniel Brousseau
Il peut arriver, mais plus rarement, que l’on observe un bolide. Le « bolide » est un corps naturel solide extraterrestre (météoroïde) de plus ou moins grande taille, pénétrant dans l’atmosphère terrestre en produisant un phénomène plus lumineux qu’un météore. Le météoroïde peut être un fragment de comète ou d’astéroïdes. Les fragments du bolide parvenant intacts au sol sont des météorites. Les principales pluies d’étoiles filantes s’accompagnent à l’occasion du passage d’un bolide. Il arrive même qu’il soit visible en plein jour.  

Perséides à Johnville 2023

Michel Nault

Oui... on a vraiment bien fait de s’y rendre malgré la météo annoncée qui ne s’est pas du tout avérée telle qu’elle avait été prévue. Alors je confirme : il faut croire aux miracles plus qu’à la météorologie. Après notre arrivée, on a vu le ciel se dégager pour révéler un beau ciel très clair (transparence et belle scintillation incluse).

Difficile pour certains et certaines de voir des météores, tellement les discussions étaient passionnantes et les gâteries qui circulaient délicieuses. Mais les plus concentrés en ont vu davantage ! ;-)

La prochaine fois, ça prendra plus de café parce que René a eu TELLEMENT soif tout d’un coup qu’on a tous levé les yeux au ciel en un éclair !

L’ennuagement, la fatigue ou la distance de retour ont eu raison de certains, mais pas de tous. Comme on avait décidé de s’en aller quand on n’aurait plus rien à se dire, bien, les plus mémères sont restées et nous avons vu une autre éclaircie, mais cette fois, le ciel était voilé.

Au retour, le chevreuil du chemin Robinson que certains avaient croisé à l’aller était toujours là pour nous saluer... :-)

Je souligne la belle récolte de Charles depuis sa zone verte en un temps record, l’image de porc-épic de Bernard et mes salutations à Robert. Hâte de te revoir ! Nous étions un peu ensemble à distance... Maxime, dommage que tu n’aies pas pu nous rejoindre. Tu nous manques.

On se revoit à l’animation du mont Hereford très bientôt !

Michèle Aubin

Je corrobore les propos de Gisèle et Michèle... Une foutue de belle soirée.

Faisant partie des « mémères » j’ai pu améliorer mon score très modeste du début de soirée. Néanmoins, j’ai observé une étoile filante orangée. Moment magique !

L’exclamation de René fut si soudaine et d’une telle intensité que j’en ai presque avalé mon café. Un autre moment fort rigolo fut bien sûr la soucoupe volante de Michèle.

On a également bien rigolé en se rappelant nos émissions d’enfance. Les Envahisseurs, l’Escadrille sous-marine, XL5, Les Sentinelles de l’air, Ultraman, etc. Nous avions tous les mêmes souvenirs. En fait, ce 11 août était une soirée de « Old Timer ».

J’ai quitté Johnville vers 3 h 30 avec plein de beaux souvenirs.

Vivement Hereford...

Observation de mes Léonides

Robert Véronneau

En astronomie, il existe de grands moments, que tout le monde attend avec impatience. On n'a qu'à penser à la comète Halley en 86, à l'éclipse de soleil de 94, à la comète Shoemaker-Levy qui s'est écrasée sur Jupiter, à la comète Hale-Bopp, etc. La pluie d'étoiles filantes des Léonides fait aussi partie de ces moments magiques.
 

C'est dans un article de la revue Sky and Telescope (1996) que je pris connaissance pour la première fois de cette pluie de météores. Normalement, les Léonides sont une pluie plutôt insignifiante. Mais à chaque passage de la comète qui les génère, on peut s'attendre à une activité exceptionnelle d'étoiles filantes. L'image qui m'est restée le plus de cet article, c'est que lors des meilleurs moments des Léonides, on pouvait comparer l'intensité des météores avec ceux des flocons de neige pendant une tempête.

J'ai donc décidé que j'assisterais à tous les passages des Léonides pour les prochaines années à venir.

Après en avoir parlé dans une réunion du Club, nous sommes allés observer aux Sommets la nuit des Léonides de 1996. C'était une nuit enneigée et froide avec un ciel parfait. Il y avait Gisèle, Germain, Guy Dumoulin, Guy Lafond, Jean-Paul et moi (j'oublie sûrement du monde). Nous n'avons pas vu d'activité notable, si ce n'est qu'un magnifique bolide a traversé la majeure partie du ciel et ce très lentement par rapport à une étoile filante normale. Tout le monde a eu le temps de se retourner et de l'admirer. Je me rappelle même avoir eu le temps de me demander si c'était pas autre chose. La direction d'où semblait provenir ce bolide nous a laissé penser que c'était une Léonide. Apparemment que c'était une grosse pièce de roc qui a frôlé la terre et qui a rebondi dans l'espace en frappant l'atmosphère. C'était l'hypothèse qui nous semblait la plus plausible pour expliquer sa faible vitesse de déplacement. Étant à très haute altitude, cette pierre nous apparaissait plus lente.

En 1997, nous sommes aussi allés aux Sommets. Pas d'activité exceptionnelle non plus. Mais comme on n'est pas restés bien tard et que les Léonides sont plus actives en fin de nuit, je me suis donc relevé à 3h30 le matin suivant. Je me suis installé dans la cour chez moi, entre les bâtiments afin de me cacher de toute lumière parasite. Je me suis étendu sur un vieux siège d'auto inclinable et j'ai scruté le ciel. La nuit était très froide: près de -20°C. Le ciel était "écoeurant". Je pouvais voir des étoiles de magnitude 6. Le Lion était bien haut en face de moi. J'ai vu plusieurs Léonides, mais la plupart étaient très courtes, très rapides et très peu brillantes. Quelques Taurides sont aussi venues agrémenter le spectacle. J'ai compté 50 Léonides en à peu près une heure.

Dans la même semaine, on en était alors à préparer le premier Salon de l'Astronomie, plusieurs personnes du Québec et du nord-est américain ont pu voir un énorme bolide. On en fit mention dans les médias et l'Astrolab a attribué ce bolide à l'essaim des Léonides.

Les années les plus probables à un surcroît d'activité des Léonides sont 1998 et 1999. Donc, cette année, tout le monde les attendait avec impatience. Le maximum était prévu le 17 novembre en après-midi. L'Asie serait donc favorisée. Mais il y avait une période d'incertitude de 12 heures avant et après cette prévision. Mario Lessard nous a fait aussi parvenir une lettre d'un astronome américain qui analysait qu'historiquement, dans les conditions qu'on avait, les Léonides étaient un peu à l'avance par rapport aux prévisions. Déjà, dans la nuit du 15 au 16, des internautes de la région de Rimouski nous ont fait part de plusieurs étoiles filantes brillantes qui proviendraient des Léonides. La soirée du 16 était nuageuse, mais on annonçait un dégagement pour les heures suivantes. Sur Internet, on apprenait qu'il y avait de l'activité météoritique en Asie et ce, une journée avant le maximum prévu. Des Européens nous faisaient aussi part du fait qu'ils avaient vu des météores très brillants. Je me suis donc couché tout habillé sur le divan avec le réveil ajusté pour 1h du matin.

1 heure du matin: BRZZZZZZZZZZ... Je bondis comme un ressort et je sortis sur le patio pour voir le ciel... nuageux. Mais les nuages étaient plutôt minces et on pouvait distinguer la constellation d'Orion à l'occasion. Vraiment pas un bon temps pour des étoiles filantes. J'étais déçu. Je me suis branché à Internet pour voir mes messages. Les Européens qui rentraient après leur nuit d'observations faisaient état d'étoiles filantes très longues et très brillantes. Certaines d'entre elles aussi brillantes que la Pleine Lune. Des décomptes de 100 et plus à l'heure avaient été observés. Un astronome professionnel aux Îles Canaries disait avoir vu environ 3000 météores à l'heure. Il disait n'être qu'un simple professionnel peu habitué à ce genre d'observations et qu'il pouvait faire erreur.

Un taux de 100 à l'heure, peut être 3000, et des étoiles filantes aussi brillantes que la Lune, j'étais sûr d'en voir au moins quelques-unes au travers des nuages. Je sortis à nouveau sur le patio pour observer un peu. Il y avait toujours cette mince couche de nuages. Quelques étoiles pointaient ici et là. Il faisait -3°C environ, mais l'air était plutôt doux. C'était tout de même froid en T-shirt. Au bout de 4 à 5 minutes j'allais abandonner quand soudain... SHHHHHHOUCCCCHHHHHHHHHHHH*... ... une étoile filante brillante et très rapide traversa le ciel, coupant Orion en deux. YEAAAHHHH!!!

Aussitôt, je courus m'habiller. Je passai par le garage pour prendre mon siège d'auto et ressortis dehors environ 5 minutes après. Je regardai le ciel. La couche nuageuse avait épaissi et on ne voyait plus rien maintenant. AAAARRRGGGGHHHHHHH!!! J'attendis un peu et le ciel ne semblait pas vouloir s'améliorer. Pire, de fins flocons de neige picotaient mon visage. C'était désespérant. C'est alors qu'un autre météore brillant illumina le ciel au travers des nuages. Fou de joie, je m'étendis sur mon siège entre les bâtiments pour me cacher des lumières parasites et j'observai. Presque aussitôt 3 autres météores brillants percèrent les nuages. Il se passa quelques minutes. La fine neige cessa et quelques constellations apparurent. J'aperçus une autre étoile filante. Et une autre. Elles étaient brillantes et rapides. Certaines aussi brillantes que la Pleine Lune. Ça faisait un peu penser à des éclairs, mais sans le bruit. Elles laissaient derrière elles une traînée qu'on pouvait observer quelques secondes après le passage du météore.

Il m'apparut bientôt évident que les étoiles filantes venaient par vagues. Il y avait des accalmies de 5 à 10 minutes et tout à coup, on pouvait en voir 3, 4 ou 5 en peu de temps. Une fois, deux météores sont apparus en même temps, côte à côte. Les plus brillantes illuminaient les environs. Et c'est en voyant les environs s'illuminer sans que j'aie vu de météores que je compris que j'étais trop près des bâtiments. J'ai donc ramassé mon siège et je suis allé m'installer à un endroit plus dégagé. Comme je reposais mon siège sur le sol, une étoile filante passa derrière moi et je vis mon ombre sur le sol. Je me retournai et vis une belle traînée persister dans le ciel.

Je remarquai que cette traînée me semblait comme fendue en deux. Comme si un canal la traversait sur le sens de la longueur. J'eus plus tard une explication à ce phénomène. Après le passage d'une étoile filante, les gaz luminescents qui font la traînée sont en forme de tube. Quand on regarde ce tube de côté (ou du dessous), on voit plus de gaz lumineux sur les côtés qu'au centre du tube. Les côtés de la traînée nous semblent donc plus lumineux. J'observai plusieurs fois ensuite cette particularité. C'est alors qu'une belle étoile filante qui provenait du Taureau et se dirigeait vers le Lion est venue me surprendre. Elle était longue et très belle, mais elle m'a semblé beaucoup moins brillante que les autres. Elle allait exactement à l'opposée des Léonides.

Pendant les périodes creuses, j'attendais impatiemment, mais avec beaucoup de plaisir, la venue de la prochaine vague de filantes, car j'avais la certitude qu'il en viendrait d'autres. Je me sentais comme quand j'étais p'tit gars à la veille de Noël.

Je pouvais facilement distinguer d'où semblaient provenir ces Léonides et ce, même si je n'ai jamais vu le Lion, qui est resté caché dans les nuages.

Finalement, le ciel qui s'était assez dégagé, (assez pour voir les Pléiades) s'est couvert à nouveau de nuages épais et la neige a recommencé à tomber avec plus d'intensité. Je suis donc rentré à l'intérieur pour me réchauffer en gardant l'espoir d'avoir d'autres éclaircies plus tard. Je suis resté dehors environ 1 heure et 15 minutes et j'ai compté 29 Léonides et une Tauride.

Une fois à l'intérieur, j'envoyai un message sur Internet pour relater mon observation. Les amateurs américains ont commencé à relater leurs observations. Eux aussi ont vu de très brillants météores. Leurs descriptions correspondaient bien à mes observations. Ceux qui avaient un ciel bien dégagé faisaient part de taux de 100 à 200 étoiles filantes à l'heure. Les chanceux...

Je décidai de dormir un peu en attendant un autre dégagement (qui n'est jamais venu). Avant de me coucher je sortis un peu sur le patio. Le ciel était vraiment bouché. Je regardais vers l'est, en direction d'où devait se trouver le Lion. Une dernière Léonide (courte et descendant vers le bas) me salua à travers les nuages.

Je me suis relevé vers 4h30. 2 pouces de neige supplémentaires couvraient le sol. Trop de nuages...

La nouvelle d'une forte activité des Léonides s'est propagée dans la journée suivante. Beaucoup s'attendaient à ce que l'activité augmente encore, vu que le moment du maximum prévu n'était pas encore passé. Le dégagement des nuages se faisait toujours attendre, mais on avait bon espoir que le ciel serait parfait pour la soirée.

C'était la période où on faisait la promotion du Salon de l'Astronomie. Aussi, la station de télévision CKSH avait convoqué Gisèle pour faire une entrevue pendant les nouvelles de 18h00. Je suis allé à cette entrevue afin d'apporter un peu de soutien à Gisèle. Éric et Pierrette y étaient aussi. En racontant mon expérience, la présentatrice (la belle Alexandra), m'a demandé de parler un peu devant la camera moi aussi. Je l'avais déjà fait l'an passé, mais ça reste tout de même intimidant. J'ai pas eu l'air trop fou, j'espère!!!

Ensuite, on est allés aux Sommets attendre la gang. On s'y était donné rendez-vous.

Vers 10 heures, le ciel s'est enfin dégagé. On est sortis pour observer. Les chaises de Mme Déland furent mise à contribution. Moi, j'avais apporté mon "siége de char". Le grand luxe...

Bientôt, quelques étoiles filantes apparurent. Des Léonides et des Taurides à peu près en nombre égal. Les taux n'étaient pas exceptionnellement élevés, mais il était encore tôt. Quelques beaux météores passèrent.

Mais plus ça allait, plus il m'apparaissait évident que les Léonides étaient beaucoup moins présentes que la nuit précédente même si le Lion était bien levé.

J'étais aussi très fatigué. Je n'avais plus beaucoup de patience. On est allés se réchauffer et prendre un café à l'intérieur. Je m'endormais sur ma chaise. J'avais la certitude que les Léonides étaient sur leur déclin et je suis donc retourné chez moi.

Le maximum des Léonides eu lieu 18 heures avant les prévisions. Beaucoup d'amateurs furent déçus de les avoir manquées.

Ce fut la plus belle exhibition d'étoiles filantes que j'ai jamais vue. Les Léonides de l'an prochain pourraient être encore meilleures.

J'y serai!!!!!!!!!!

* Je sais, des étoiles filantes ne font aucun bruit, mais ça en faisait dans ma tête quand je les voyais.*